© Claire Huteau

Jean Miannay

Tenor
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Tu as récemment incarné Normanno dans Lucia di Lammermoor de Donizetti : peux-tu nous parler de cette expérience?

C’est une production initiée par l’Opéra de Rennes qui a ensuite voyagé pendant 5 mois. Nous avons joué à Rennes, Lorient, Nantes, Angers, Massy et Compiègne.
Dans ces projets qui durent quelques mois, l’esprit de troupe est assez fabuleux. Nous avons le temps d’apprendre à nous connaître et ça se ressent sur scène.

Tu travailles à la fois le grand répertoire et la création contemporaine : qu’est-ce que chacun de ces univers t’apporte?

Le répertoire est appelé ‘’Grand’’ pour une bonne raison mais je pense qu’il serait dangereux pour l’avenir de l’opéra de s’y cantonner. Il est nécessaire aujourd’hui de créer de nouveaux livrets, de nouvelles œuvres et de nouvelles formes. C’est en ce sens que je souhaite donner de la voix pour ces créations.

© LaureN Pasche

Qu’est-ce que la scène t’a appris que le travail seul ne peut pas t’apprendre?

Je ne voudrais pas les opposer car l’un ne va pas sans l’autre. Je travaille pour être sur scène et après avoir été sur scène je peux débriefer avec moi-même de ce que je pourrais améliorer.

C’est un équilibre à trouver. Il est très difficile de donner du sens à un rôle sans la perspective de le jouer et inversement on peut facilement se perdre vocalement à enchaîner les projets sans prendre le temps de recentrer notre instrument.

En récital, le rapport au public est plus direct : comment le vis-tu par rapport à la scène d’opéra?

Une scène d’Opéra est une grande collaboration entre les artiste.x sur scène et toutes les équipes de création (mise en scène, scénographie, costume, maquillage, accessoire, lumière, machinerie, décors).

En récital, nous pouvons nous poser la question de ce que nous voulons montrer et dire au public. J’aime sortir ponctuellement du carcan du récital traditionnel pour explorer de nouveaux outils d’expressions : la mise en scène, la scénographie, les arrangements ou le répertoire.

© Claire Huteau

Tu as récemment pris la parole autour de ton vitiligo : qu’est-ce que cette démarche représente pour toi aujourd’hui?

Je suis très fier.e.x de ma tâche.

Certains l’appellent imperfection pendant que d’autres trouvent que ça me rend unique.
Il m’arrive encore souvent de devoir le maquiller pour la scène car ‘’on me voit trop’’ ou ‘’ça prend trop la lumière’’.

La scène est un miroir du monde et de ses enjeux dans lequel on devrait pouvoir s’identifier malgré les individualités de chacun.e.x

J’ai trop d’amix tâcheté qui ont peur du regard des autrex et qui se cachent.

Quelle place donnes-tu à l’intuition dans ton travail d’artiste?
Ne venant pas du milieu de la musique classique, mon instinct était au cœur de mon chant car je n’avais pas les codes esthétiques du monde lyrique au XXIème siècle. Par la suite, j’ai enrichi cet instinct avec le travail, l’expérience, la patience, les erreurs et les réussites. Ce n’est pas un chemin droit et tout tracé; c’est un travail quotidien d’être à l’écoute de ma petite voix intérieure qui me dit si oui ou non c’est une bonne idée.

Tu partages aussi sur Instagram des tirages de tarot : qu’est-ce qui t’a donné envie d’ouvrir cet espace?

Je trouve important que les réseaux sociaux ne soient pas uniquement une vitrine de mon chant mais plutôt de ma démarche et de ma personnalité artistique. La spiritualité a toujours eu une grande place dans mon chant et par extension dans ma vie. Les tirages de tarot me permettent de clarifier mes pensées quand c’est un peu le brouillard.

Quels sont tes projets à venir?

Mon été s’articule autour de ces trois projets:

Récital opéra avec la Compagnie lyrique Les Brigrands le 17 et 18 juillet à Pluherlin et Caden

Récital de notre duo avec Ayaka Niwano: festival Volcadiva le 5 Juillet à Chamalières

Mes débuts dans le rôle de Nadir dans Les pêcheurs de Perles-Bizet; 25 Juillet à Gujan-Mestras et 21 Août à Marmande.

01/07/2026